Canicule la plus précoce de l’histoire en mai, vague de tous les records en juin, nous avons tous souffert de la chaleur alors que l’été n’avait même pas débuté. Et 41 millions de personnes ont vécu en vigilance orange.

Hélas à l’avenir, ces épisodes de chaleur ne seront plus exceptionnels mais nous affecteront tous les ans. Les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sont formels : les pics de température vont devenir plus fréquents, plus intenses et plus longs. Nous ne retrouverons plus le climat de notre enfance et la nouvelle génération ne vivra jamais un été sans canicule intense.

Faute d’actions suffisantes des États, l’objectif de l’accord de Paris, visant à limiter le réchauffement à +1,5°C à l’horizon 2100, ne sera pas tenu. En Europe, continent qui se réchauffe le plus rapidement, c’est l'agglomération parisienne qui a été identifiée comme étant la plus vulnérable face aux vagues de chaleur.

Ces canicules ont des conséquences graves, parfois mortelles : au cours de l’été 2025, 5 700 décès ont été directement attribués à la chaleur par Santé publique France. Mais on ne meurt pas simplement de la chaleur mais d’y être exposé·e par l’insalubrité de son logement, l’absence de lieux rafraîchissants, l’isolement social, la pénibilité du travail. C’est pourquoi les municipalités peuvent et doivent agir pour protéger les populations.

Agir dès maintenant mais surtout sur le long terme

Conseils pour s’hydrater, kits canicule : la communication déployée à Saint-Mandé ces derniers jours est indispensable et la municipalité a réagi. Mais les conseils de bon sens ne peuvent servir de politique publique pour adapter les villes. Et nous demandons depuis longtemps en conseil municipal, que la municipalité anticipe les canicules plutôt qu’elle ne fasse que les gérer.

Nous avons présenté un vœu lors du dernier conseil municipal, demandant que soit élaboré un plan communal : Saint-Mandé à 50°C. Regardons ce qui a été fait et qui fonctionne ailleurs, avec deux axes stratégiques : adapter nos villes et anticiper les températures extrêmes.

Pour adapter, un plan de végétalisation ambitieux est nécessaire : créer de l’ombre dans toutes les rues en plantant des arbres ; faire revenir l’herbe qui maintient les sols à plusieurs dizaines de degrés de moins que le bitume en plein soleil ; installer fontaines et bassins ; végétaliser les toits ; remettre les cours d’eau en surface, comme celui qui coule sous la rue du Lac. Cette adaptation doit devenir une priorité absolue de la municipalité avec les moyens budgétaires qui vont avec.

Dans les écoles, les bâtiments publics, utilisons des solutions techniques simples et sobres en énergie qui ont fait leurs preuves : brasseurs d’air, brise-soleil, auvents extérieurs, ventilation nocturne avec gardiennage.

Pour anticiper, un groupe de travail transversal réunissant élus, services municipaux, associations, professionnels de santé, acteurs économiques, écoles et citoyens volontaires devrait être mis en place.

Ce groupe de travail devra établir les cartographies indispensables : îlots de chaleur urbains, logements et résidents les plus exposés ; lieux refuges climatiques (bâtiments municipaux, parkings souterrains), y compris de nuit.

Il devra organiser, un exercice grandeur nature, comme pour les incendies, dans les écoles et les résidences abritant des personnes fragiles, au niveau communal auprès des personnes âgées isolées, avec des scénarios de type saturation des refuges, panne de courant prolongée, rupture de la chaîne du froid pour les médicaments et denrées alimentaires, etc. Cela est déjà fait ailleurs et permet d’identifier les failles.

Prenons notre responsabilité collective face au climat, ne nous limitons plus à égrener des conseils individuels de survie.

Le groupe Saint-Mandé Respire — Union de la gauche et des écologistes